Le coronavirus a ébranlé notre marché du travail : 5 observations (partie 1/5)

Hanne Janssens

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Hanne Janssens
Temps de lecture : 4 minutes

SÉRIE : AGILES POUR DEMAIN

L’année 2020 nous a montré que des changements peuvent intervenir plus vite que nous ne le pensions il y a peu encore. Mais aussi que l’envie d’apprendre et l’agilité sont déterminantes. Avec cette série en 5 parties, nous nous concentrerons cinq mois durant sur une série de tendances majeures pour l’apprentissage et le travail de demain. Dans la première partie, l’experte du marché du travail An De Coen évaluera l’impact de la crise sanitaire sur notre marché du travail.

L’horeca, les magasins non essentiels, la culture, les événements et les salons de coiffure ont fait parler d’eux ces derniers mois en raison de l’obligation de fermeture qui leur était imposée. Mais beaucoup d’autres secteurs ont eux aussi été durement touchés par la crise.

De nombreuses entreprises industrielles, par exemple, ont fortement souffert suite à un arrêt progressif de leurs activités d’exportation. An De Coen, Experte Compétences et Marché du travail chez Idea Consult, formule 5 observations.

1. Le fossé social risque de se creuser

On remarque d’emblée un fil conducteur : les personnes qui ont un emploi précaire – faible revenu, statut précaire, travail à temps partiel imposé, peu ou pas de représentation sur le lieu de travail ou une combinaison – risquent de devenir les principales victimes de cette situation économique incertaine. Pour les travailleurs dont la situation est déjà stable et satisfaisante, il existe un filet de sécurité important.

Par contre, les personnes qui étaient déjà en difficulté avant cette crise risquent de voir leur situation s’aggraver encore du fait qu’elles ne bénéficient pas d’une protection suffisante. On peut donc craindre que la fracture sociale ne s’élargisse dans un avenir proche.

2. Les jeunes sont dans une position difficile

Les jeunes constituent un groupe particulièrement vulnérable dans ce contexte. Leurs chances de trouver un nouvel emploi sont en effet fortement réduites. An De Coen, Experte Compétences et Marché du travail : « D’une part, ils sont les derniers recrutés et d’autre part, ils sont les premiers à être licenciés si leur entreprise connaît des difficultés. Par ailleurs, en période d’incertitude économique, des candidats plus expérimentés arrivent sur le marché. Et les employeurs préfèrent les profils qui peuvent être rapidement intégrés. »

3. Une réorientation sera nécessaire pour beaucoup

Actuellement, le nombre de demandeurs d’emploi est supérieur à celui de postes vacants. On s’attend à ce que, dans certains secteurs, ce déséquilibre persiste un certain temps après la crise. An De Coen : « Beaucoup de gens sont obligés de se réorienter pour pouvoir retrouver du travail.

Il est donc absolument nécessaire d’investir davantage dans l’accompagnement de carrière et les parcours de formation pertinents pour les chercheurs d’emploi et les nombreux chômeurs temporaires. Le fait que les partenaires sociaux flamands aient conclu un accord pour faire de 2021 “l’année de la formation” est en tout cas encourageant. »

4. La mobilité intersectorielle doit être facilitée

Cela étant dit, on se heurte immédiatement à un point problématique de notre système de marché du travail. An De Coen : « Un cloisonnement est à déplorer entre les secteurs : commissions paritaires, CCT, embauche dans le secteur public versus embauche dans le secteur privé, etc. freinent la mobilité intersectorielle. » De ce fait, nous avons assisté ces derniers mois à des situations parfois absurdes : tandis que tel secteur mettait de nombreuses personnes en chômage temporaire, tel autre peinait à trouver des renforts.

Les autres pays ne sont-ils pas confrontés à ce genre de problèmes de mobilité ? An De Coen : « Ils le sont, en effet. Mais ils parviennent à réagir plus rapidement. Aux Pays-Bas, par exemple, un Transferpunt Zorg en Welzijn (point de transfert pour les secteurs Soins et Bien-être) a été mis en place. Il s’agit d’une plaque tournante qui permet d’intégrer rapidement des personnes d’autres secteurs.

À noter que chez nous aussi, les secteurs et les entreprises individuelles cherchent des solutions créatives. Mais la fragmentation des compétences ralentit une fois de plus la concrétisation de ces initiatives et partenariats. »

5. Le numérique a définitivement fait son entrée

Il est clair que la crise sanitaire a aggravé certains points problématiques de notre système de marché du travail qui existaient déjà. « Mais nous avons aussi beaucoup appris en peu de temps », dit An De Coen en conclusion. « Par exemple, d’innombrables organisations et équipes ont réussi à passer très rapidement à la vitesse supérieure en matière de numérisation, de télétravail, de communication et d’apprentissage en ligne, etc.

C’est en soi un énorme pas en avant, car ce sont précisément cette agilité et cette adaptabilité qui sont et seront capitales pour réussir dans l’avenir. Nous devons absolument continuer sur cet élan, même après la crise. »


Agiles pour demain : Cefora définit les grandes lignes de l’apprentissage et du travail de demain

Cefora a fêté son 30e anniversaire en 2020. Raison pour laquelle au cours de cette année, nous avons réuni des experts afin de réfléchir conjointement à la course aux talents et de nous projeter en 2030. Découvrez notre rapport de tendances, dont le fil conducteur était l’interaction entre l’apprentissage tout au long de la vie et le travail.

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