Déchiffrage : 600.000 personnes correctement formées seront nécessaires d’ici 2030

Hanne Janssens

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Hanne Janssens
Temps de lecture : 4 minutes

Maaike Dejonckheere, consultant en L&D chez Cefora, s’est entretenue avec Jeroen Franssen, l’inspirateur de l’étude « Be The Change » de la fédération technologique Agoria, afin de replacer cette figure dans le bon contexte.

1. En 2019, les entreprises ont consenti davantage d’efforts en matière de formation (+ 10,3 %) qu’en 2016

Jeroen Franssen : « Ce pourcentage est basé sur les chiffres du bilan social que les entreprises déposent chaque année. Il correspond à un total de plus de 2 milliards d’investissements effectués en 2019. A noter que l’intensification des efforts ne signifie pas nécessairement que le nombre de personnes qui ont suivi une formation a augmenté lui aussi de 10,3 %. En effet, les mêmes personnes suivent souvent plusieurs formations. »

Maaike Dejonckheere : « Nous constatons une augmentation similaire des chiffres chez Cefora. Ce sont surtout les formations en ligne – webinaires, classes virtuelles… – qui sont en forte progression depuis 2019. Une tendance qui s’est fortement poursuivie en 2020, l’année du début de la crise sanitaire.

Cette crise a également eu une influence évidente sur les thèmes choisis par les collaborateurs qui ont suivi une formation en 2020. Citons parmi les thèmes qui ont suscité un vif intérêt le leadership à distance, le bien-être et le développement professionnel. Notre webinaire sur le télétravail efficace a été la formation la plus populaire en 2020. Cela résume parfaitement l’évolution observée : une forme d’apprentissage en ligne sur le travail à distance. »

A la mi-2020, nous avons sondé notre écosystème afin d’évaluer l’évolution des besoins en matière d’apprentissage lors d’une période agitée. Nos conclusions vous intéressent ? Découvrez-les dans notre édition précédente de « Déchiffrage ».

2. 39,2 % de la population active n’ont pas un niveau de base en matière de compétences digitales

Jeroen Franssen : « Près de 40 % des 16 à 74 ans indiquent ne pas connaître, par exemple, Microsoft Word ou une application bancaire mobile. Nous ne devons donc pas présupposer que la formation digitale sera la méthode d’apprentissage de l’avenir. Ce qui est pour une personne la méthode d’apprentissage idéale constitue pour une autre un sérieux obstacle. Or la méthode d’apprentissage appropriée est capitale pour la réussite d’un parcours de formation. »

Maaike Dejonckheere : « Exactement. C’est pourquoi Cefora continuera à intégrer les avantages des deux formes d’apprentissage, à savoir en ligne et en présentiel, dans les parcours de formation. Les participants pourront ainsi suivre leur formation de manière entièrement numérique, mais aussi inclure un volet présentiel dans leur parcours.

L’aspect le plus important d’une formation est son impact ultime sur le lieu de travail. La manière d’obtenir un résultat optimal diffère d’une personne à l’autre. Il incombe aux prestataires de formation comme Cefora de proposer le plus grand nombre d’options possible et d’aider les travailleurs et les employeurs à appliquer efficacement le fruit de l’apprentissage sur le lieu de travail. »

Jeroen Franssen : « Les pouvoirs publics, les entreprises, les employeurs, les travailleurs… Tout le monde bénéficie d’une solide culture d’apprentissage. La formation est encore trop souvent considérée comme quelque chose de réactif, comme un moyen d’enseigner rapidement aux gens des compétences manquantes afin qu’ils puissent continuer à effectuer leurs tâches actuelles. Mais la formation est aussi – et surtout – un outil proactif pour rester pertinent sur le marché du travail. Nous devons nous concentrer davantage sur l’employabilité future.

Il est capital d’avoir une mentalité axée sur le développement pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain. Stimuler et développer cet état d’esprit est une responsabilité qui incombe aux travailleurs et aux employeurs. Les systèmes de rémunération variable, avec des primes uniquement liées aux résultats à court terme, sont pernicieux pour le développement d’une organisation. »

Maaike Dejonckheere : « Ce dont les entreprises ont vraiment besoin, c’est d’une culture d’apprentissage avec des indicateurs de performance clés (KPI) axés sur le développement. Ce n’est que comme ça qu’on stimule la croissance. Si vous organisez un parcours de formation « orientation client » pour votre équipe de vente, déterminez par exemple quel pourcentage de réduction du nombre de réclamations vous souhaitez atteindre. »

3. D’ici 2030, nous devons mettre au travail 600.000 personnes correctement formées

Jeroen Franssen : « Notre taux d’emploi est actuellement de 70 %. Les autorités souhaitent atteindre un taux de 80 % d’ici 2030 pour lutter contre la pauvreté et maintenir le financement des pensions et de la sécurité sociale. Une belle ambition, mais les calculs basés sur l’évolution démographique nous disent qu’il faudra créer 600.000 emplois pour y parvenir. Selon des prévisions récentes, nous ne concrétiserons que la moitié de cet objectif. Il ne sera donc pas facile de créer ces emplois. Et former des personnes pour occuper ces postes pourrait s’avérer être une tâche encore plus difficile.

La pénurie de personnel hautement qualifié est un problème qui ne sera pas résolu par le système éducatif d’ici 2030. L’apprentissage tout au long de la vie a donc d’ores et déjà un rôle important à jouer à cet égard. Cela peut à son tour créer une dynamique ascendante sur le marché du travail : si des travailleurs se forment et évoluent, des emplois seront libérés pour des personnes moins qualifiées qui ont actuellement du mal à trouver du travail. »

Maaike Dejonckheere : « Améliorer le taux d’emploi est un processus de longue haleine. Si les autorités jouent un rôle majeur à cet égard, les organisations ont également beaucoup de possibilités pour avoir un impact rapide. Stimuler la formation continue et le recyclage, donner aux collaborateurs un avant-goût d’autres rôles, élaborer une offre variée de formations… Aussi modeste soit-elle, chaque initiative en matière d’apprentissage constitue un pas dans la bonne direction. »


Curieux de connaître l’intégralité de l’étude « Be The Change » ?

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