« Comment stimuler les collaborateurs à distance ? C’est le grand défi des RH après la COVID-19 ! »

Hanne Janssens

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Hanne Janssens
Temps de lecture : 5 minutes

Comment suivre le rythme – ou plutôt prendre une longueur d’avance – en tant que PME dans la course aux talents ? C’est la question sur laquelle se pencheront l’entrepreneuse en ligne Elke Van Parys (heydays’’) et le trendwatcher Tom Palmaerts (Trendwolves) lors des conférences RH du Cefora. Tous deux martèlent l’importance de la formation, même en temps de crise. Surtout en temps de crise : « Entreprendre est un marathon, pas un sprint. Dans un marathon, vous devez anticiper les kilomètres qui restent à parcourir. Plus tard dans la course, vous aurez besoin de nouveaux talents et de nouvelles compétences. »

En juillet, le VDAB a reçu 30 % d’offres d’emploi en moins que l’année précédente. Elke Van Parys et Tom Palmaerts s’accordent pour dire que la situation actuelle sur le marché du travail est temporaire et qu’il faut donc garder le long terme à l’esprit. « La COVID-19 a réduit les investissements – ce qui a bien sûr impacté aussi le recrutement de nouveaux collaborateurs, constate Tom Palmaerts.

Après des années de pénurie, les entreprises peuvent de nouveau sélectionner les talents : l’offre est plus importante que la demande. Mais elles ne doivent surtout pas rester les bras croisés. Agoria prévoit que la numérisation et une pénurie structurelle de travailleurs génèreront 584.000 postes vacants d’ici 2030. La crise du coronavirus n’a pas fait reculer la révolution technologique à l’origine de cette pénurie. Celle-ci pourrait même s’accélérer. Les travailleurs talentueux seront plus tôt qu’on ne le pense dans une situation exceptionnelle. »

Elke Van Parys souligne aussi que « les RH ne doivent surtout pas s’imaginer que la réalité actuelle est la nouvelle norme. Il y aura non seulement de nouveaux emplois mais aussi des évolutions au sein des jobs actuels. Pour relever les défis à venir, les entreprises ont besoin de nouvelles compétences. Elles ont tout intérêt à continuer à investir dans les talents comme avant la crise du coronavirus. Il peut sembler aujourd’hui que nous nous trouvons dans une guerre des jobs. Mais la guerre des talents reviendra, c’est certain. »

L’état d’esprit marathon

Les entreprises ne peuvent pas commettre l’erreur de ralentir leur quête de talents. Mais Elke Van Parys estime qu’elles doivent aussi veiller à ce que leurs collaborateurs poursuivent leur apprentissage. « Pendant une crise, les formations et les cours mordent souvent la poussière en premier. Ces investissements sont rentables surtout à long terme et les visions à court terme dominent en temps de crise.

Tout le monde doit être à pied d’œuvre ! C’est un réflexe compréhensible mais qui comporte de grands risques. Car si la formation est au point mort, vous allez recevoir la facture tôt au tard. À un moment donné, vous ne serez plus suffisamment armés pour relever les défis auxquels votre entreprise sera confrontée. »

« Les entreprises doivent comprendre que le coronavirus est un marathon et non un sprint, poursuit Tom Palmaerts. Dans un sprint, vous ne devez rien anticiper. Du début à la fin, il faut y aller à fond. Si vous abordez un marathon dans cette optique, vous ne franchirez jamais la ligne d’arrivée. Vous devez anticiper les kilomètres qu’il vous reste à parcourir. Dans cet état d’esprit marathon, vous ne pouvez pas supprimer les formations et les cours car vous en aurez besoin plus tard pendant la course – c’est garanti ! »

Comment stimuler les collaborateurs à distance ?

Une nouvelle génération fait son entrée dans la course aux talents. Cherche-t-elle autre chose que les générations précédentes ? « La génération qui entre aujourd’hui et ces prochaines années sur le marché du travail valorise surtout l’esprit d’entreprise et la participation, déclare l’expert Tom Palmaerts. Mais cette sensibilité au ‘moi’ ne signifie pas qu’ils ne veulent pas faire partie d’un plus grand tout : ils cherchent aussi à partager une vision. L’entreprise doit représenter quelque chose.

Les principales raisons pour lesquelles la génération Y et les premiers membres de la génération Z continuent de travailler dans une entreprise, ce sont les collègues. C’est un défi majeur pour les entreprises au temps du coronavirus. Beaucoup de gens vont travailler la majeure partie de leur temps à la maison et ce pendant encore longtemps, peut-être toujours. Il faut fonder une culture et créer une communauté de travailleurs à distance. »

« Donner de ‘l’énergie numérique’ aux collaborateurs – c’est-à-dire les motiver à distance – devient de plus en plus difficile. Nous tirons une grande part de notre satisfaction professionnelle et de notre énergie de l’ambiance sur le lieu de travail et des collègues. Échanger des informations, nous en sommes parfaitement capables en ligne après des mois de télétravail. Mais comment allez-vous, en tant qu’entreprise, donner à vos employés le goût du travail numérique ? Je pense notamment à un message ou un coup de téléphone personnel afin de savoir comment ça se passe, à des arrangements clairs sur la communication numérique, à des routines établies qui réunissent l’équipe en ligne – pauses-café numériques par exemple. Mais cela ne suffira pas pour motiver les gens à distance. Le défi est énorme pour les RH. »

En terre inconnue

« Nous sommes en territoire inconnu, confirme Elke Van Parys. Une part importante de notre travail au cours des dernières années a consisté à éliminer la résistance à l’apprentissage et à la formation en ligne. Aujourd’hui, les entreprises sont au pied du mur et doivent aller au-delà. Je ne vois qu’une solution : anticiper en toute flexibilité les besoins individuels. Ce dont une personne a besoin pour alimenter et renforcer sa motivation et son engagement est propre à chaque individu. Ces besoins identifiés, vous devez fusionner les visions en ligne et hors ligne dans une approche personnalisée pour chaque employé. One size fits all, c’est de l’histoire ancienne. L’entreprise rassemble non seulement des collaborateurs de générations différentes mais aussi des cultures et des personnalités différentes. »

Pour Tom Palmaerts, c’est dans cette diversité que réside un défi supplémentaire de la course aux talents : « La société se diversifie chaque jour davantage. Dans les villes comme Anvers et Bruxelles, les gens qui entrent sur le marché du travail auront bientôt majoritairement un passé migratoire. Vous ne pouvez pas atteindre et recruter dans ce groupe de la même façon qu’autrefois. Dans les petites entreprises surtout, dans les PME, de nombreux travailleurs viennent d’un même milieu. Vous embauchez des gens qui vous ressemblent et qui ressemblent à vos collaborateurs. Mais le talent est plus rentable encore avec la diversité. Un groupe de personnes différentes offre des perspectives et des visions différentes. Pourquoi dans votre start-up n’engageriez-vous pas un collaborateur de 60, voire même de 70 ans ? »

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