Le bonheur au travail : « une table de ping-pong ne suffit pas »

Louise Haspeslagh

Content Marketeer pour Cefora. Curieuse de connaître les évolutions du marché du travail, les nouveaux développements en matière de RH et les meilleurs moyens de susciter la curiosité des employeurs et des collaborateurs.
Louise Haspeslagh
Temps de lecture : 4 minutes

Votre organisation dispose-t-elle déjà d’un « Chief Happiness Officer » ? Cette fonction a vu le jour il y a quelques années aux États-Unis et est de plus en plus fréquente dans notre pays. Certains prétendent que le « gestionnaire du bonheur au travail » n’est qu’une énième nouvelle tendance dans le monde des RH. Mais selon Griet Deca, le CHO pourrait être le déclencheur d’un véritable mouvement de transformation. Griet est elle-même Chief Happiness et cofondatrice de Tryangle.

Quel est le rôle d’un Chief Happiness Officer ?

« Le Chief Happiness Officer (CHO) joue un rôle important pour le bonheur au travail au sein d’une organisation. Pour que des personnes soient heureuses au travail, il faut qu’elles aiment leurs tâches, en tirent une satisfaction et se sentent impliquées. Le CHO aide la direction à créer le cadre optimal pour que les collaborateurs se sentent heureux en travaillant. Les mots-clés sont l’autonomie, la responsabilité, le véritable travail en équipe, la formation, etc. Pourquoi ? Parce que des études ont montré que le bonheur au travail est la clé par excellence de la santé, de la résilience et de la productivité des travailleurs. »

 Nous avons déjà le Code sur le bien-être au travail. N’oblige-t-il pas les employeurs à mettre en œuvre une politique sociale ?

« En effet, grâce aux efforts des autorités, le soutien du bien-être physique et psychosocial des travailleurs fait l’objet d’une attention croissante. Une politique de bien-être bien pensée permet à chaque individu de se sentir physiquement et mentalement armé contre le stress et le burn-out. Les entreprises adoptent de plus en plus une approche préventive, par exemple en investissant afin que leurs collaborateurs aient un mode de vie sain.

Toutefois, ce n’est pas parce qu’un travailleur exerce son métier dans des conditions de travail correctes et qu’il se sent en forme sur son lieu de travail qu’il est heureux au travail. Il faut davantage que cela. »

Le CHO doit-il dès lors surtout organiser des activités amusantes pour le personnel ?

« Non, il s’agit là d’un malentendu persistant ! Je rencontre souvent des employeurs déçus qui disent avoir déjà injecté beaucoup d’argent dans le bonheur au travail, mais sans résultat. La raison en est généralement qu’ils ont investi à plusieurs reprises dans des lucky shots au lieu d’adopter une approche intégrée à l’échelle de l’organisation.

Peut-être les équipes sont-elles stressées et demandent-elles du renfort depuis longtemps, mais en vain. En pareil cas, une salle de fitness branchée ou un espace de relaxation onéreux peuvent même susciter des réactions amères. Autrement dit, le bonheur au travail ne se résume pas à quelques mesures censées apporter un peu d’amusement à court terme. Une table de ping-pong ou un panier de fruits ne font pas le bonheur des collaborateurs : ceux-ci préféreront effectuer un travail qui correspond à leurs talents. Faites en sorte que cela soit un outil important pour attirer les meilleurs candidats sur un marché du travail en tension. »

De nombreuses organisations se dotent actuellement d’une politique RH basée sur les compétences. Une bonne nouvelle pour le bonheur au travail ?

« Oui et non. De nombreuse organisation partent de profils de compétences individuels. Il s’agit en d’autres termes d’un ensemble de compétences que les collaborateurs doivent maîtriser pour exécuter correctement une série de tâches déterminées. Toutefois, dans cette stratégie, le plaisir que les travailleurs éprouvent à effectuer leurs tâches n’est pas suffisamment pris en compte. La combinaison de « pouvoir bien faire » et « aimer faire » est un talent.

Il est donc important d’établir un lien entre les tâches au niveau de l’équipe et le vivier de talents disponibles. Les personnes qui peuvent exploiter pleinement leurs talents dans 80 % de leurs tâches effectueront avec plaisir les autres 20 %. Et cela se traduira par un engagement accru, de meilleurs résultats et un absentéisme réduit. »

Quelle est la situation à l’heure actuelle sur les lieux de travail belges ?

« Il y a encore du pain sur la planche, mais en même temps, je remarque que beaucoup de choses bougent au sein des entreprises. Ce qui n’était pas le cas récemment encore. Lorsque j’ai fait campagne il y a deux ans dans le cadre de la Semaine du Bonheur au Travail, par exemple, j’ai encore trouvé porte close dans de nombreuses entreprises. Les dirigeants n’étaient pas encore familiarisés avec le concept. Ou bien ils pensaient que le bonheur est quelque chose que l’on doit vivre après les heures de travail.

Il va sans dire que rien n’est plus éloigné de la vérité. L’Enquête nationale du Bonheur de l’UGent menée par le professeur en économie de la santé Lieven Annemans montre que notre travail contribue pour près d’un cinquième à notre bonheur global. »

Chief Happiness Officer ou pas : faire en sorte que votre équipe soit heureuse et travaille efficacement, c’est déjà tout un défi en soi.

Ces formations vous mettent le pied à l’étrier.


A propos de Griet Deca

Griet est Chief Happiness et cofondatrice de Tryangle, une société qui aide les entreprises à améliorer le bonheur au travail de leurs collaborateurs et à introduire une politique du bien-être durable.


 

 

 

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