Learning Snacks : pourquoi le multilinguisme est un must, pour votre travail et pour vous-même

Hanne Janssens

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Hanne Janssens
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Les Learning Snacks de Cefora sont des webcasts ou des podcasts dont le contenu est accessible, riche en informations intéressantes et actuelles, et en lien avec nos formations. Le ministre bruxellois des Finances, du Budget, de la Fonction publique et de la Promotion du multilinguisme, Sven Gatz, explique pourquoi nous devons continuer à investir dans notre connaissance d’autres langues en général et du néerlandais ou du français en particulier. Visionnez ou revisionnez son Learning Snack inspirant et découvrez dans cet article trois subterfuges par rapport à l’apprentissage des langues.


L’expert

Sven Gatz est né à Bruxelles et a grandi à Berchem-Sainte-Agathe. Il n’a jamais quitté notre capitale cosmopolite depuis. Mordu de politique, il est devenu député bruxellois et flamand et chef de groupe de l’Open VLD. Depuis 2019, Sven Gatz est actuellement le ministre bruxellois des Finances, du Budget, de la Fonction publique et de la Promotion du multilinguisme – cette dernière compétence étant une première en Europe.


Visionnez ou revisionnez le Learning Snack de Sven Gatz :

Les langues à Bruxelles : d’une matière fissile à une matière première

Si le fait que Bruxelles dispose depuis plusieurs années d’un poste ministériel pour la promotion du multilinguisme est unique, Sven Gatz estime que c’est la logique même : « Après Dubaï, Bruxelles est la ville la plus cosmopolite au monde. Notre capitale abrite plus de 100 nationalités. Dans plus de la moitié des ménages, le multilinguisme est une réalité quotidienne. »

Un laboratoire du multilinguisme donc, dont on peut tirer des leçons pour d’autres grandes villes et le reste du pays. Au fil des ans, Sven Gatz a vu les attitudes à l’égard des langues évoluer fortement dans sa ville : « La jeune génération est très relax par rapport au mix de langues. C’est formidable de voir que pour eux, la langue n’est plus une matière fissile mais une matière première. Nous devons tirer parti de cette tendance positive et investir dans l’amélioration du trilinguisme bruxellois : la connaissance du néerlandais et du français ainsi que de la langue internationale qu’est l’anglais. Et nous ne devons pas non plus perdre de vue l’importance des nombreuses langues nationales.

Toutefois, le ministre ne sait que trop bien qu’il s’agit d’un processus qui prendra du temps. En effet, dans notre pays multilingue, les idées préconçues qui barrent la route au multilinguisme subsistent. Sven Gatz démonte trois d’entre elles :

1. « La connaissance d’une autre langue – l’anglais, langue internationale est plus que suffisante, n’est-ce pas ? »

Sous l’influence des médias, les connaissances de base en anglais sont généralement assez bonnes. Nous le remarquons également dans nos formations linguistiques chez Cefora. Le niveau de français et de néerlandais, en revanche, n’a fait que se détériorer ces dernières années.

« Petit à petit, l’anglais a fini par occuper une place au côté de nos langues nationales », souligne Sven Gatz. « Dans les années à venir, cette langue continuera à gagner du terrain dans notre pays, ce qui n’est pas une mauvaise chose du tout. Mais une focalisation unilatérale sur l’anglais en tant que « lingua franca », je n’y suis pas favorable. Nous devons également continuer à nous concentrer sur les autres langues. »

« Il va sans dire que les francophones et les néerlandophones peuvent parfaitement tenir des réunions en anglais », poursuit-il. « Mais pour défendre un dossier complexe ou dans une conversation commerciale, vous avez tellement plus d’impact si vous parlez la langue de votre interlocuteur. Parce qu’alors, vous parlez vraiment de personne à personne. Les chiffres ne mentent pas : pour les emplois comportant des exigences linguistiques, plus de la moitié des employeurs demandent une bonne connaissance du français, du néerlandais et de l’anglais. »

2.« J’ai peur de faire des erreurs »

Malgré tous les glossaires et les cours de grammaire, de nombreuses personnes ont encore peur de parler le néerlandais ou le français. C’est aussi une grande différence avec l’anglais, qui est parlé de façon assez naturelle par la plupart des gens.

Sven Gatz : « Le message ne doit pas être de rechercher la perfection, mais d’augmenter les occasions de pratiquer une langue. Tel est l’objectif poursuivi, entre autres, par la Huis van het Nederlands à Bruxelles. Les entreprises, les organisations, les écoles et les citoyens bruxellois peuvent s’y rendre pour parfaire leurs connaissances pratiques du néerlandais en communiquant beaucoup avant toute chose. C’est également le cas de Brulingua. Via cette plateforme du service de l’emploi bruxellois Actiris, les Bruxellois à la recherche d’un emploi peuvent améliorer et tester leurs compétences linguistiques. »

Parallèlement, des progrès restent à faire dans le système éducatif, selon le ministre : « Afin d’améliorer le multilinguisme, nous examinons les possibilités d’échanges de professeurs et d’élèves entre les écoles néerlandophones et francophones. Les fédérations sectorielles et les commissions paritaires pourraient quant à elles fournir à leurs entreprises des connaissances linguistiques spécifiques par discipline.

Mais les employeurs peuvent aussi facilement prendre eux-mêmes l’initiative de multiplier les possibilités de pratiquer une langue sur le lieu de travail. Il peut s’agir d’une formation linguistique pratique, bien sûr, mais aussi de nombreuses petites mesures. Sven Gatz : « Organisez chaque semaine une réunion dans l’autre langue nationale ou changez de langue à mi-parcours lorsque des collègues néerlandophones et francophones se rencontrent. »

3. « L’intelligence artificielle finira par rendre les connaissances linguistiques superflues »

Nous n’avons certes pas de boule de cristal, mais une chose est certaine : l’intelligence artificielle ne peut pas encore égaler l’interaction linguistique entre les personnes. Sven Gatz : « La technologie continuera à faire des pas de géant. Ainsi, dans un avenir prévisible, il sera probablement possible de communiquer de manière presque parfaite via des logiciels. Mais un ordinateur ne pourra jamais remplacer le plaisir intellectuel de parler une autre langue et d’entamer un dialogue avec un locuteur natif.

À ceux qui ont encore des doutes, le ministre donne un conseil en or : « Ne considérez pas les connaissances linguistiques comme une compétence purement professionnelle. Il s’agit surtout aussi d’une compétence humaine unique. L’apprentissage d’une nouvelle langue est un enrichissement personnel et grâce à elle, vous élargirez automatiquement votre réseau. »


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