Shane McLeod, entraîneur de hockey, explique ce que les entreprises peuvent apprendre des Red Lions

Hanne Janssens

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Hanne Janssens
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L’entraîneur de hockey néo-zélandais Shane McLeod a permis aux Red Lions de remporter un titre mondial et un titre européen ces dernières années. L’année prochaine, l’équipe tentera de décrocher une médaille d’or olympique à Tokyo. Lors du Cefora HR Digital Day, ce « keeper of the vision » (comme il se nomme lui-même) a expliqué à la communauté RH comment il forge une équipe, obtient le meilleur de chacun et enchaîne les victoires.

Oser être vulnérable

Lorsque Shane McLeod a rejoint les Red Lions à peine dix mois avant le début des Jeux olympiques de Rio, il a avant tout dû former une équipe. « Une tâche qui n’avait rien d’évident chez les Red Lions, comme c’est le cas toute autre équipe sportive nationale d’ailleurs. Les joueurs de hockey jouent tous dans leur propre club et en Belgique, ils parlent deux langues différentes. Ils ne se connaissent pas vraiment. »

« A l’approche des Jeux olympiques, nous sommes allés dans un camp d’entraînement en Afrique du Sud. Ils savent jouer au hockey. Ça, je n’ai pas dû leur apprendre. Nous n’avions qu’un seul objectif : former une équipe à partir de tous ces joueurs individuels. Construire un circle of trust. »

« Lorsque vous travaillez avec des gens, il n’y a qu’une seule façon de créer la confiance : oser être vulnérable. Nous avons commencé notre stage en Afrique du Sud par une sorte de speed dating. Les joueurs ont dû parler ouvertement de leurs points forts et de leurs points faibles à leurs coéquipiers, qu’ils connaissaient comme des adversaires dans la ligue plutôt que comme des coéquipiers des Red Lions. Tout comme dans le sport, je pense que cette façon de faire n’existe pas encore dans de nombreuses entreprises. »

« En tant que coach, je voulais créer le plus vite possible un environnement qui ne prend pas mais qui donne. Lors des premiers entraînements, tout le monde est allé chercher une bouteille pendant la pause boisson. Après quelques jours, les joueurs ont apporté une bouteille supplémentaire pour leurs coéquipiers. Et quelques séances d’entraînement plus tard, un joueur a commencé à préparer des smoothies pour toute l’équipe après l’entraînement. C’est ce genre de petites choses qui montrent qu’une équipe grandit. »

« Nous avons installé un interrupteur on/off. Les joueurs avaient le droit de rire et de s’amuser, de vivre leur vie normale. Mais à partir du moment où nous arrivions ensemble sur ce terrain d’entraînement et qu’on criait « 1-2-3-Lions », ça devenait du sérieux. On tournait le bouton et l’accent était mis sur le sport de haut niveau. C’était alors que les choses sérieuses commençaient. Les professionnels RH doivent également veiller à cet équilibre. »

Keeper of the vision

Lorsque McLeod est devenu entraîneur national belge, il a expliqué pouvoir aller dans les deux sens. « Nous pouvions éliminer nos faiblesses ou nous pouvions rendre nos forces encore plus fortes. J’ai opté pour la deuxième solution : transformer nos pouvoirs en véritables super pouvoirs. »

« Quand vous donnez aux gens la chance de s’améliorer davantage encore dans des domaines où ils sont déjà bons, ils sont encore plus motivés. Et ils commencent automatiquement à travailler sur leurs faiblesses dans ce processus. C’est comme ça dans chaque équipe. Qu’il s’agisse d’une équipe sportive ou d’une entreprise. »

McLeod a également travaillé sur une répartition claire des rôles. « Si vous connaissez les qualités de chacun, vous pouvez répartir les rôles de manière à utiliser au mieux tous ces talents. Par exemple, notre vice-capitaine est hyper-rationnel et factuel. Il n’est jamais émotif. (rires) Pour sa petite amie, ce n’est peut-être pas amusant, mais pour nous, en tant qu’équipe, c’est un grand atout. Lorsque le jeu s’arrête un instant, il a pour mission de donner au reste de l’équipe deux ou trois objectifs. Très brièvement, sans détours, les deux ou trois points d’attention les plus importants. Chacun a ainsi son rôle spécifique dans la dynamique de l’équipe. »

« En tant qu’entraîneur, je suis le keeper of the vision. Je veille sur la vision et la mission des Red Lions. Nous avons traduit notre mission en une image : une montagne. Pas n’importe quelle montagne, mais le plus haut sommet de toute la chaîne de montagnes. Cette image montre aussi clairement le chemin vers cette montagne. Il n’est pas difficile pour les athlètes de recharger leurs batteries pour les Jeux olympiques ou un championnat mondial. Cela va de soi. »

« Le travail dur est ce que j’appelle “the grind” : les séances d’entraînement les soirs sombres, froids et humides, lorsque vous êtes fatigué et que vous avez peu d’énergie. Il faut apprendre à aimer ce parcours. C’est dans ces moments-là qu’une équipe se construit. »

Écrire l’histoire

A Rio, les Red Lions ont manqué l’or de peu. Cette médaille d’argent (la première médaille sportive de l’’équipe belge en 80 ans) était un exploit historique, mais les joueurs et leur entraîneur voulaient plus.

« Nous nous sommes sentis très proches du sommet absolu, nous avons senti que nous pouvions devenir la meilleure équipe du monde. Mais je me suis rendu compte que cette médaille d’argent au Championnat du monde ne signifiait rien. Nous avons dû tout recommencer. Nous avons dû descendre de la montagne pour commencer l’ascension du sommet suivant. »

« Le plus difficile dans le sport de haut niveau, et c’est tout aussi vrai dans le monde des affaires, c’est qu’il faut créer une culture gagnante qui restera pertinente si les choses tournent mal. Tout comme il n’est pas difficile de motiver les joueurs à participer aux JO, il n’est pas difficile pour un entraîneur ou un CEO de créer un bon esprit d’équipe lorsque votre équipe gagne. »

« Lorsque nous étions menés 2-0 contre l’Allemagne au Championnat européen, personne n’aurait parié sur nous. Mais j’ai vu une énorme confiance dans le vestiaire parmi mes joueurs qui pensaient que nous allions redresser la barre. Perdre, mais être absolument convaincu que vous allez gagner et ne prendre aucun autre scénario en considération : c’est ça une culture gagnante. »

Innover et se renouveler en permanence

En 2018, les Red Lions ne sont pas seulement devenus champions du monde, ils ont également décroché le titre de champions d’Europe dans leur propre pays un an plus tard. « Cela rend notre mission très claire », dit McLeod.

« Après les titres de champion du monde et de champion d’Europe, nous voulons décrocher celui de champion olympique. Ce serait unique, aucun pays n’a jamais réussi ça auparavant. Une mission aussi unique est, bien sûr, un facteur de motivation extrêmement puissant. Nous pouvons écrire l’histoire du sport. »

« Mais en même temps, nous savons que nous devons continuer à travailler dur. En 2019, nous étions au sommet, nous avions une longueur d’avance sur les autres pays. Mais à cause de la COVID-19, les Jeux olympiques de Tokyo ont été reportés d’un an. Ces autres pays ont eu une année supplémentaire pour nous rattraper. Si nous voulons garder notre avance, nous devons continuer à innover et à progresser. Ne pas avancer, c’est de toute façon reculer. »


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